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Quelques moments de mon parcours de vie

Ces jours-ci, j’ai été interviewé à plusieurs reprises sur mon dernier livre Le monde va beaucoup mieux que vous ne le croyez ! Plusieurs journalistes m’ont demandé si j’étais conscient du fait que mes propos risquaient de provoquer des réactions négatives. Je m’y attendais et c’est effectivement ce qui se passe.
De nombreuses personnes ont réagi sur Internet. Mais pas tout à fait comme je l’imaginais. Il y a très peu de critiques sur le fond de mes propos (et encore, je les trouve généralement infondées, ces personnes n’ayant visiblement pas lu mon livre). Ce qui me surprend, c’est la quantité de critiques selon lesquelles je vis dans une bulle, sans aucun contact avec la réalité quotidienne des gens. Parmi d’autres, ce propos, bien représentatif : « Je pense que pour en arriver à une telle conclusion, ce Monsieur a dû être assez favorisé par la vie et doit vivre confortablement de ses belles paroles sans avoir à subir le chômage et la perte de pouvoir d’ achat ou la possibilité de vivre dignement comme il en était antan ! »
Dans la même ligne, il y a quelques années, un journaliste m’avait interviewé sur mon livre La bonté humaine. A un moment, il m’a dit : « On voit bien que vous n’avez pas eu de gros problèmes dans la vie pour écrire un tel livre. »
Ce lien automatique de cause à effet (ou plutôt d’effet à cause supposée) me semble très surprenant. Apprécier la beauté de la vie, aimer l’humanité, est-ce réservé uniquement aux privilégiés de l’existence ?

Il y a quelques années, ces propos m’auraient probablement irrité. Aujourd’hui, ils me font plutôt sourire et je les accueille avec sérénité. Mais je pense qu’ils nécessitent une petite explication de ma part. Voici donc quelques épisodes de ma vie :
- Ma mère est morte quand j’avais 15 ans ½. De maladie certes, mais plus encore de désespoir. Je résume l’ambiance familiale de l’époque par ces mots : la terreur quotidienne.
- Mon père a voulu – et failli – me tuer quelques mois plus tard ;
- J’ai très souvent pensé au suicide à cette époque ;
- Seul dans la vie, j’ai commencé à travailler à 16 ans. Mes premiers boulots : en intérim comme ouvrier d’usine et distributeur de prospectus ;
- J’ai été ouvrier agricole pendant plusieurs années, expérience dont je suis très fier ;
- J’ai été chômeur pendant trois ans ;
- Je n’ai pas le bac. J’ai passé un équivalent (ESEU : Examen Spécial d’Entrée à l’Université) quand j’avais une trentaine d’années. J’ai été un étudiant bien tardif, ayant soutenu ma thèse de doctorat en psychologie à 47 ans.

En bref, la vie ne m’a pas gâté au départ. Aujourd’hui, je suis très heureux, que ce soit sur le plan de mes relations familiales et amicales que de mes activités. Mon optimisme face à l’existence vient aussi de cette histoire. La vie m’a appris que même des pires situations peut émerger le meilleur. Et je reste lucide : c’est grâce à des personnes, bien plus qu’à moi-même, que j’ai pu m’en sortir.
Par ailleurs, j’ai vécu à l’âge de 18 ans une expérience de conversion chrétienne qui a définitivement bouleversé mon existence, alors que j’étais profondément hostile à toute forme de religiosité. Je vis toujours de cette rencontre qui m’a fait comprendre et surtout ressentir en profondeur que les forces de l’amour et du pardon sont plus puissantes que celles de la haine et de la violence.
J’ai d’ailleurs l’intention d’écrire mon autobiographie un jour, supposant qu’elle pourrait susciter de l’espoir chez des personnes.

A mon humble avis, le meilleur moyen de répondre à la souffrance dans ce monde ne consiste pas à en rajouter par la colère, mais à offrir des pistes d’espoir lumineux. C’est la raison d’être de mes livres et – je l’espère – de mon existence.

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