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Merci et bravo Matthieu Ricard !

J’aimerais aujourd’hui vous parler d’un livre majeur, celui de Matthieu Ricard, Plaidoyer pour l’altruisme, La force de la bienveillance, Nil éditions (2013). Certes, j’arrive bien tard pour le faire, et certains parmi vous l’ont certainement déjà acheté (ou fait offrir à Noël !) et lu. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire, nous dit le proverbe.
Ce qui impressionne au premier abord, c’est l’épaisseur du livre : 918 pages ! Il y aurait donc tant à dire sur l’altruisme ? Eh oui, c’est bien le cas. En 43 chapitres denses, Matthieu nous décrit les origines, composantes et effets positifs de l’altruisme. Et tout cela sur des fondements scientifiques très solides.

On sait peu qu’avant de devenir moine bouddhiste, Matthieu Ricard a fait une thèse de génétique cellulaire, sous la direction de François Jacob, prix Nobel de médecine. Il en a gardé un goût pour la rigueur scientifique.
Il s’est d’ailleurs prêté avec bonne grâce à une série d’expérimentations menées par Tania Singer, l’une des meilleures spécialistes de la neurobiologie de l’empathie. Ces études ont notamment permis de découvrir que les zones cérébrales activées lorsque l’on éprouve de l’empathie douloureuse (au sens d’essayer de se mettre à la place de quelqu’un qui souffre) sont différentes des zones de la compassion (au sens d’éprouver des pensées d’amour et de compassion pour une personne qui souffre). Au cours des séances de méditation d’empathie, Matthieu Ricard éprouvait une véritable souffrance psychique, alors qu’il ressentait inversement une intense satisfaction en méditation de compassion. Il en conclut que s’il peut y avoir une « fatigue » de l’empathie, qui conduit au syndrome d’épuisement professionnel, il ne peut y avoir de fatigue de l’amour et de la compassion.
L’ouvrage rassemble de très nombreuses recherches dans des domaines très divers : la psychologie du bébé, la sociologie, la primatologie, l’histoire, etc. Et pour illustrer le propos, des histoires de vie sont parfois présentées, toutes très significatives et inspirantes.

Matthieu Ricard consacre une part importante de son livre (plus du tiers) au thème : « Construire une société plus altruiste ». Il y a aborde successivement des sujets tels que la coopération, l’éducation, la lutte contre les inégalités, l’économie altruiste, la simplicité volontaire, l’altruisme envers les générations futures et le respect de l’environnement. Il montre de façon convaincante qu’un projet politique (au sens noble du terme) peut s’élaborer sur le fondement des aptitudes innées de chacun-e de nous à l’altruisme. Une civilisation de la bonté peut exister et Matthieu Ricard nous en montre le chemin. Une délicieuse bouffée d’air frais lorsque l’on sait à quel point le monde politique est parfois tissée d’intrigues et de pièges multiples.

Matthieu m’a fait l’honneur de m’envoyer son manuscrit en cours d’écriture, en me proposant de lui faire mes commentaires, ce que j’ai fait avec plaisir. Je me sens en pleine harmonie avec lui, qu’il s’agisse de sa conception de la nature humaine ou du projet de société envisagé. Il y a beaucoup de points communs entre son livre et celui que j’ai écrit La bonté humaine.

Je me réjouis de ce que la notoriété de Matthieu puisse donner une diffusion très large de ces connaissances. Son livre est en effet l’un des best-sellers de 2013. Merci et bravo Matthieu d’être un infatigable témoin et diffuseur de l’altruisme !

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