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Convivialisme ? De quoi s’agit-il ?

Convivialisme ? De quoi s’agit-il ?

En juin dernier est paru un ouvrage, petit par sa taille, mais grand par son ambition, intitulé Manifeste convivialiste, Déclaration d’interdépendance. Ce terme est proposé par Alain Caillé, professeur émérite de sociologie, pour désigner un art de vivre ensemble (con-vivere) et un nouveau modèle de société caractérisé par la coopération et la solidarité plutôt que par la compétition.
Alain Caillé a rassemblé autour de lui une soixantaine de personnes engagées et de penseurs et leur a proposé un texte initial. Ensuite, au travers de débats et d’échanges par mails, le texte a été progressivement modifié, jusqu’à sa version définitive.

La vision convivialiste de l’existence remet en cause deux postulats majeurs de la pensée politique ordinaire, largement partagés à droite comme à gauche :
- le postulat du primat absolu des problèmes économiques sur tous les autres,
- le postulat de la profusion sans limites des ressources naturelles (ou de leurs substituts techniques).

Pour les convivialistes, la seule politique légitime s’inspire de quatre principes :
- le principe de commune humanité, c’est-à-dire l’affirmation de l’unité du genre humain, première par rapport à toutes les différences biologiques, culturelles, sociales, etc.
- le principe de commune socialité, selon lequel les êtres humains sont des êtres sociaux pour qui la plus grande richesse est la richesse de leurs rapports sociaux.
- Le principe d’individuation, qui considère que chacun de nous devrait pouvoir exprimer au mieux sa singularité, en développant ses potentialités
- Le principe d’opposition maîtrisée, selon lequel cette vocation de chacun à manifester son individualité singulière ne peut toutefois se faire que dans le respect des principes de commune humanité et de de commune socialité. La politique bonne est donc elle qui permet aux êtres humains de se différencier en acceptant et en maîtrisant le conflit.

J’ai la chance d’appartenir au premier groupe des convivialistes, qui a progressivement élaboré ce manifeste. Ce qui m’a le plus impressionné, au cours de nos échanges, est que chacun a lui-même fait preuve d’un esprit convivialiste. Car, bien que nous partagions en gros les mêmes valeurs, nous différons aussi sur différents points. Je pense notamment au fait que certains estimaient qu’il fallait surtout insister en préambule sur les multiples menaces qui pèsent sur l’humanité, tandis que d’autres – dont je suis – pensaient qu’il était préférable de mettre en avant les raisons d’espérer, afin de multiplier les expériences positives déjà existantes.
On imagine mal plusieurs dizaines de personnes être d’accord sur tout ! Nous avons donc eu des discussions intenses sur tel ou tel point, mais chacun s’est efforcé de prendre en compte avec respect l’opinion d’autrui.
Cette atmosphère bienveillante a d’ailleurs été facilitée par l’ouverture d’esprit d’Alain Caillé, organisateur de ces débats, qui a accepté sans difficulté que son texte initial soit largement modifié pour tenir compte des diverses sensibilités, sans pour autant affadir sa substance, ce qui était évidemment un risque, au nom d’un commun dénominateur mou.

Je me sens en profonde harmonie avec l’approche convivialiste. Elle correspond pleinement à l’idée que je défends depuis plusieurs années, à savoir que des valeurs et attitudes telles que la confiance en autrui, la coopération, le respect, l’empathie, la fraternité, ont du sens non seulement dans les relations interpersonnelles, mais également au niveau social et politique, et peuvent ainsi contribuer au bien commun. Ceci a été constaté dans des domaines aussi divers que l’éducation, la santé publique, le travail social, la justice, l’économie, l’environnement, l’entreprise, les relations internationales, etc. (Voir à ce sujet ma page personnelle)

Qu’en sera-t-il de la vision convivialiste dans l’avenir ? Nul ne le sait évidemment. Elle ne pourra se développer que si des milliers, voire des millions de personnes se retrouvent dans cette philosophie et l’incarnent dans leur vie personnelle, et si des responsables (dans la société civile, dans le monde politique et l’économie) s’engagent dans cette dynamique. Pour ma part, je suis convaincu que le convivialisme peut devenir le fondement d’un projet de société, très différent de celui proposé par les conceptions politiques actuelles, quelles qu’elles soient.

Pour l’heure, un site Internet a été créé, dans lequel chacun est invité à signer le manifeste et à exprimer son opinion :
http://lesconvivialistes.fr/

Au sein du groupe fondateur, nous allons continuer à débattre, et les suites à donner à ce texte seront évidemment au cœur de ces discussions. Je vous informerai régulièrement des avancées en cours.

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