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Quelques informations

J’ai peu communiqué sur ce blog depuis sa création. Mais j’évolue… Voici quelques informations qui auraient pu y être ces dernières années :
- Ma conférence Vers une société de fraternité, à l’invitation des associations La traversée, Le pacte civique et Démocratie et spiritualité.

- Un article que j’ai présenté à divers quotidiens, suite à l’attentat de Nice (14 juillet 2016), à propos de l’inefficacité de la vidéosurveillance :

http://www.la-croix.com/Debats/Forum-et-debats/La-videosurveillance-est-tres-efficace-politiquement-2016-07-26-1200778332

- La table ronde à laquelle j’ai participé aux côtés d’invités inspirants : Laurence Vanhée, Hubert de Boisredon, Emery Jacquillat ; table ronde fort bien animée par Sophie Peters :

- Ma réponse à diverses critiques formulées à l’égard de mon ouvrage La bonté humaine. Version plus longue que celle déjà publiée sur le site Amazon :

J’ai noté onze critiques dans les commentaires de Vadforces et Mortreuil sur Amazon. Voici mes réponses ; au final, une seule critique résiste, concernant une banale erreur d’écriture de ma part (« les » au lieu de « l’ »), qui aboutit cependant à un contresens que je regrette vivement. Sur un livre de 400 pages, cela fait très peu. Nettement moins que les dix erreurs commises par Vadforces et Mortreuil en quelques lignes de commentaires. A la suite de ma première réponse publiée sur Amazon, Vadforces a d’ailleurs retiré sa critique.

1) Critique : « à aucun moment l’auteur ne s’interroge sur ce qu’est la bonté » (Vadforces)
Réponse : Ce serait effectivement une grave erreur de la part d’un ouvrage entièrement consacré au sujet ! Or, à la page 14 de mon livre, j’écris que la bonté est difficile à définir car elle comporte plusieurs facettes : l’une est cognitive : un regard bienveillant porté sur autrui ; l’autre est émotionnelle : l’empathie ; la dernière est comportementale : l’acte altruiste. Et je poursuis : « Pour que l’on puisse parler de bonté, il faut donc que la personne manifeste une cohérence entre ses pensées, ses émotions et ses actes. Ce qui me conduit à proposer la définition suivante : la bonté est une aptitude générale de l’individu, reposant sur une considération positive d’autrui et sur une propension à l’empathie, et s’exprimant sous forme d’actes altruistes. »

2) Critique : « En réduisant une certaine tendance à la bonté au niveau des neurosciences, Lecomte nie aussi la liberté humaine. » (Mortreuil)
Réponse : Un chapitre de mon ouvrage La bonté humaine est consacré à la neurobiologie. Un seul, ce qui montre que je ne réduis pas la bonté aux neurosciences. Il y a d’autres chapitres : en psychologie de l’enfant, anthropologie, économie, sociologie, psychologie sociale, philosophie, histoire, préhistoire et primatologie.
Le chapitre sur la neurobiologie présente de nombreuses études récentes montrant que notre cerveau est en quelque sorte prédisposé à la bonté bien plus qu’à la violence. Mais je précise très clairement dès l’introduction du livre que prédisposé ne veut absolument pas dire programmé. En effet, sur cette base neurobiologique vont se rajouter deux éléments majeurs : les influences sociales (importantes certes, mais qui ne sont pas déterministes non plus) et la liberté personnelle. C’est cette dernière qui va finalement orienter les pensées et les actes d’une personne dans un sens ou dans un autre. Voici d’ailleurs la dernière phrase de mon introduction : « Au final, cet ouvrage peut se lire comme un hymne à la liberté. Car chacun de nous peut choisir de s’engager ou non dans le sens de la bonté humaine. » Plusieurs chapitres illustrent clairement cette réalité, par des exemples concrets.

3) Critique : Il est « triste que les psychologues et les biologistes (…) n’aillent pas un peu dialoguer et prendre au sérieux (pour de vrai) les sociologues et les philosophes. » (Vadforces)
Réponse : De nombreuses pages de mon livre font état de recherches en sociologie. Par ailleurs, l’annexe de mon ouvrage présente les différentes options philosophiques sur la nature humaine ; la perspective optimiste n’étant d’ailleurs pas limitée à Rousseau, contrairement à une opinion fréquente.

4) Concernant le sauvetage ou le non sauvetage des Juifs
Mortreuil insiste surtout sur les différences de réactions des Etats européens face à la Shoah. Mon propos est très différent : il concerne l’action des citoyens, quelle que soit leur nationalité, non celle des Etats et de leurs responsables. Mon livre montre comment des individus ont eu le courage de risquer leur vie pour sauver des Juifs, et quelles furent leurs motivations. Cela dit, voici quelques notes sur les commentaires de Mortreuil à ce sujet :

- Critique concernant l’Italie : « Et il oublie de citer, comme pays allié aux nazis et protégeant les juifs, l’Italie qui elle n’a jamais livré un seul juif »
- Réponse : Même si la destruction des Juifs en Italie a été bien moindre que dans d’autres pays européens, elle a cependant existé. Voir Joshua Zimmerman (ed.). (2005). The Jews in Italy under Fascist and Nazi Rule, 1922-1945, Cambridge University Press.

- Critique concernant la Bulgarie : « contrairement à ce qu’il annonce, la Bulgarie n’a pas hésité à livrer des juifs aux nazis… les juifs non Bulgares. »
- Réponse : Je n’ai écrit ceci nulle part. J’ai écrit : « Dans de nombreux pays, le sauvetage des Juifs le plus efficace fut le fruit d’une action collective. (…) la Bulgarie fut, avec le Danemark, le seul pays d’Europe allié à l’Allemagne nazie dont la population juive n’a pas été déportée ni anéantie. » (p. 56). Je ne parle donc que de la population juive en Bulgarie et je mets l’accent sur l’action de la population, non des responsables de l’Etat. Mon propos ne remet donc pas du tout en cause le fait historiquement avéré que l’Etat bulgare a livré des Juifs aux Nazis, en Thrace et Macédoine, zones occupées par l’armée bulgare. Mais c’est précisément parce que la population bulgare a résisté sur son sol à la politique antisémite d’Etat que celle-ci n’a pu y accomplir son œuvre néfaste. Cette population n’a évidemment rien pu faire hors des frontières de la Bulgarie.
-
- Critique concernant la France : « Il prétend qu’un préfet de l’administration de Vichy aurait, dans l’hiver 1940/41 voulu « recenser et abattre » les juifs de la ville. Il faut vraiment être inculte pour proclamer de telles inepties. »
- Réponse : Mortreuil pointe ici une fâcheuse erreur de ma part et je l’en remercie (bien qu’un ton plus modéré de sa part aurait été préférable). Je n’ai pas écrit qu’un préfet voulait « recenser et abattre » les Juifs, mais que le préfet « annonce qu’il a reçu l’ordre de recenser les Juifs résidant au Chambon et qu’il les exécutera. » Ce qui revient à peu près au même, j’en conviens aisément. Mais, d’une part, lorsque l’on met des guillemets, comme l’a fait Mortreuil à propos de ce passage de mon livre, cela impose de citer mot à mot le passage concerné ; d’autre part, la différence est importante car elle permet de comprendre l’origine de mon erreur. En effet, j’aurais dû écrire : « … et qu’il l’exécutera » (voir pour confirmation le passage du livre de Philip Hallie qui relate cet événement et dont je me suis inspiré : Le sang des innocents; Le Chambon-sur-Lignon, village sauveur, Paris, Stock., 1979, p. 148). Une légère différence (« les » au lieu de « l’ ») change tout, car exécuter un ordre ou exécuter des personnes, ce n’est clairement pas la même chose ! Cette erreur a échappé à mes multiples relectures. Je tiens donc à remercier Mortreuil de m’avoir alerté sur cela et à l’assurer que je modifierai ce passage de mon livre, si une nouvelle édition est publiée. Pour autant, même si le préfet n’allait pas exécuter lui-même les Juifs, il avait prévu de les arrêter, ce qui les condamnait à la déportation.

5) Critique : « Mr Lecomte délire aussi sur la guerre de 1914.
Je l’invite à lire Historiquement incorrect de Jean Sévillia ; et aussi La première guerre d’Hitler de Thomas Weber et Michel Bessières, par exemple.
Il découvrira le patriotisme des soldats de chaque camp. » (Mortreuil)
Réponse : Les historiens contemporains montrent clairement que le patriotisme n’était pas la principale motivation qui a permis de résister aux conditions extrêmes dans lesquelles se trouvaient les soldats. Les témoignages de ces soldats, dont certains sont cités dans mon ouvrage, sont très explicites à ce propos. Les déclarations de l’époque sur le patriotisme des soldats ont essentiellement été le fait des élites politiques, situées loin des zones de combat.
La principale source de mon « délire » sur le faible patriotisme des soldats de 1914-1918 est Frédéric Rousseau, professeur d’histoire contemporaine à l’université Montpellier 3 Paul Valéry. Son ouvrage le plus connu repose sur le dépouillement de très nombreux témoignages de soldats de la guerre 1914-1918 (La guerre censurée : Une histoire des combattants européens de 14-18, Paris, Seuil, 2003).

Qu’en est-il des auteurs cités par Mortreuil ? Jean Sévillia est journaliste, Thomas Weber est chargé de cours à l’université d’Aberdeen (et non professeur, contrairement à ce qui est écrit en 4e de couverture de la version française de son livre) et Michel Bessières est le traducteur du livre de Weber.
Examinons leurs livres maintenant : celui de Weber ne concerne pas le sujet et nous montre un jeune soldat Hitler bien moins courageux pendant la Première Guerre mondiale qu’il ne l’a ensuite prétendu dans Mein Kampf, ce qui écorne la thèse du patriotisme.
Le livre de Sévillia porte sur des thèmes très divers (Jésus, Galilée, la colonisation, etc.). Un chapitre concerne bien notre propos, mais il y apparaît très clairement que Sévillia n’a pas étudié directement les témoignages de soldats du front. Ce n’est pas un problème grave en soi, évidemment, mais cela en fait de toute façon une source bien moins informée que ne l’est Frédéric Rousseau. Dans ce chapitre, Sévillia traite de la Première Guerre mondiale en tentant de nous convaincre du patriotisme de l’époque en France. Pour cela, il nous présente de nombreuses citations de responsables politiques (de droite comme de gauche) et d’historiens pour fonder son propos. Mais étonnamment, seules deux citations de soldats sont présentées, à la fin du chapitre (p. 146). Or, il s’agit de propos relatifs à la fraternisation entre soldats français et allemands ! On peut aisément imaginer, étant donné l’intention de l’auteur, que s’il avait trouvé des citations patriotiques de soldats, il se serait empressé de les présenter. Le chapitre de Sévillia constitue donc une éclatante démonstration du fait que le discours patriotique était tenu exclusivement par les responsables politiques et militaires, pas par les soldats du front. C’est exactement ce que j’ai décrit dans mon ouvrage. La « démonstration » de Sévillia se retourne donc contre lui-même.

Malgré cela, Mortreuil fait allusion au « patriotisme des soldats » en citant ce livre. Lui et Sévillia commettent donc à peu près la même erreur que dans la critique précédente : ils nous parlent des responsables politiques en croyant nous parler du peuple. Dans mon livre, je consacre quatre pages à la fraternisation entre soldats « ennemis » durant la Première Guerre mondiale, et j’écris : « pour les soldats des tranchées, l’ennemi, ce n’est plus le combattant d’en face, c’est la guerre elle-même, avec ses conditions déplorables d’existence, et surtout les chefs politiques et militaires, considérés responsables d’une violence non souhaitée par les soldats du front. S’il ne tenait qu’à eux, les soldats des différents camps arrêteraient immédiatement la guerre. » (p. 98). Je fournis de nombreuses citations à l’appui de ce propos, provenant essentiellement des lettres envoyées par ces soldats à leurs proches, lettres qui dénotent d’ailleurs un réel courage, en raison de la censure exercée sur les courriers par l’administration militaire.

Par ailleurs, je ne remets évidemment pas en question le fait que de nombreux jeunes aient pu initialement partir au combat dans un esprit de patriotisme guerrier, précisément sous l’influence de la propagande des responsables politiques de tous bords. L’expérience de la guerre a ensuite radicalement modifié la perspective de la plupart d’entre eux.

6) Critique : « Il aurait été intéressant qu’il examine la violence de Mao, de Staline et ses affidés, les massacres perpétrés par les hordes du djihad, etc. Rien. Silence de mort. Son livre sonne comme une charge contre l’Occident et ses valeurs qui auraient failli. » (Mortreuil)
Réponse : Dois-je rappeler à Mortreuil que le titre de mon ouvrage est La bonté humaine ? La violence n’est donc aucunement au cœur de mon livre. Reproche-t-on à un auteur ayant écrit un livre de criminologie de ne pas avoir parlé de la bonté ? Il est vrai que j’ai consacré un chapitre aux guerres et génocides. Mais ce n’est aucunement pour dénoncer l’Occident. C’est simplement pour montrer, sur base de connaissances historiques, qu’on ne peut pas expliquer ces violences par un fondement biologique, mais au contraire par des processus psycho-sociaux. Je ne mesure évidemment pas la gravité des violences commises en fonction d’un critère culturel (Occident vs. Orient) ou d’un critère de conception politique, religieuse ou autre. Un crime est un crime, un génocide est un génocide, quelle qu’en soit la motivation. Il serait erroné de voir dans ce livre une volonté cachée de médire sur tel ou tel groupe humain.

7) Critique : « Je suis également très étonné que, dans un livre datant de 2012, J Lecomte n’aborde pas les questions concernant certaines racines physiologiques de la violence, comme le cortisol. Par exemple abordées dans Voulons-nous des enfants barbares ? : Prévenir et traiter la violence extrême de Maurice Berger (2008). » (Mortreuil)
Réponse : Encore une fois, mon livre porte sur la bonté, non sur la violence. Quoi qu’il en soit, Maurice Berger écrit, dans le passage auquel fait allusion Mortreuil : « les traumatismes relationnels précoces (…) entraînent un stress chronique dont la conséquence est une augmentation de la sécrétion du cortisol. L’élévation constante du taux sanguin de cette hormone a un impact toxique sur le développement du cerveau du nourrisson. (…) il s’en suit une difficulté d’éprouver de l’empathie, de nouer un attachement sain avec autrui, et de réguler ses affects. » (p. 21-22)
Ce passage montre très clairement que le processus lié au cortisol et conduisant à la violence est initialement d’origine psycho-sociale (« les traumatismes relationnels précoces »). Il est donc incomplet, voire erroné, de parler de « racines physiologiques de la violence » comme le fait Mortreuil.
J’aurais d’ailleurs pu présenter dans mon livre plus d’arguments en faveur de ma thèse (mais mon livre est assez volumineux comme cela). Par exemple, si l’on reste dans le domaine de l’endocrinologie, on peut citer la testostérone, généralement considérée comme l’hormone de l’agressivité. Or, des travaux récents montrent qu’il s’agirait plutôt d’une hormone de la recherche de statut, laquelle peut s’exprimer ou non par de l’agressivité (recherches de Eisenegger et ses collaborateurs en 2010).
Ceci me donne l’occasion de préciser un point important. Je n’ai pas cherché à tout prix à défendre une thèse. Au départ, je ne visais qu’à rééquilibrer la vision pessimiste concernant l’être humain par une approche plus nuancée. C’est au fil de mes lectures que s’est imposée à mon esprit la réalité d’un fondement à la bonté plus puissant que les tendances à la violence et à l’égoïsme. Tout au long de ce travail, j’ai toujours veillé à lire autant les auteurs adhérant à la thèse de la violence que ceux adhérant à la thèse de la bonté. Ceci ne me pose aucun problème et est nécessaire si l’on veut rester un tant soit peu objectif.

8) Critique : « Les quelques mots sur le « péché originel » manifestent une incompréhension étonnante de l’enseignement de l’Eglise. » (Mortreuil)
Réponse : Mortreuil ne détaille pas plus sa critique. Il m’est donc impossible de répondre avec précision. Je signale toutefois que pour rédiger le passage sur le péché originel, je me suis appuyé sur des écrits de théologiens catholiques et protestants incontestables (St Augustin, Luther, etc.) ainsi que sur des écrits d’historiens de la religion, en citant les uns et les autres, références bibliographiques à l’appui.
Ceci me donne l’occasion de préciser un autre point : en travaillant sur mon livre, j’ai systématiquement évité d’utiliser des documents de seconde main et je me suis donc toujours efforcé de lire les documents originaux. Pour les rares fois où cela n’a pas été possible (textes quasiment introuvables), je l’indique par l’expression « Cité par… ».

9) Critique : Vadforces me qualifie de « psychologue chrétien et mielleux », tandis que Mortreuil écrit que mon « livre manifeste l’orgueil contemporain de l’homme qui voudrait se faire son propre dieu et sauveur, et ainsi se passer de Dieu. »
Réponse : Allez comprendre ! ;-)
Je n’ai pas écrit ce livre dans une intention antireligieuse, ou inversement apologétique. La seule intention de La bonté humaine est de montrer que celle-ci est bien plus souvent présente et plus profonde qu’on ne l’imagine.
Il est facile de tirer des conclusions aussi opposées si l’on focalise son attention sur telle ou telle partie de mon livre plutôt que sur l’ensemble. Mortreuil n’a visiblement pas apprécié mon passage sur le péché originel, tandis que Vadforces n’a pas aimé ceux montrant l’impact positif de croyances religieuses dans des actions altruistes. Mais l’ouvrage La bonté humaine est à lire dans son ensemble pour être bien compris.

Il est temps pour moi de conclure.
Je pense avoir montré que, sur le fond, les commentaires de Mortreuil et Vadforces ne résistent pas à un examen minutieux. Sur la forme, des mots tels que « inculte », « de telles inepties », « délire », « ignorance à son paroxysme » ne m’apparaissent pas à la hauteur du débat serein que l’on pourrait attendre autour d’un livre.
Il se pourrait cependant que certains lecteurs des commentaires de Mortreuil et Vadforces aient été impressionnés par leurs remarques et aient pu considérer que ces personnes étaient particulièrement brillantes et compétentes (bien plus que les auteurs de commentaires positifs). Si c’est le cas, cela confirme plusieurs résultats de recherche que je présente dans La bonté humaine (p. 321-322). Tout d’abord, l’auteur d’une analyse de livre est perçu comme plus intelligent quand son propos est négatif plutôt que positif, même si le contenu des affirmations est d’égale qualité.
Or cette attitude de critique négative est une stratégie destinée à se protéger d’un sentiment d’infériorité. En effet, une autre étude a montré que lorsqu’on demande à des sujets d’évaluer le travail ou le niveau intellectuel d’autres personnes, ceux qui croient être d’un statut intellectuel plus faible ont tendance à émettre des jugements plus négatifs. En revanche, ceux qui se sentent en sécurité intellectuelle n’ont pas besoin de dévaloriser les autres pour maintenir une bonne image d’eux-mêmes.
J’ai décrit ces recherches dans mon livre car ce processus de la valorisation de soi par la critique négative est l’une des explications du fait que certaines personnes croient si fort à la méchanceté humaine : il y a un certain snobisme de l’esprit négatif, et les individus sympathiques ou positifs sont parfois considérés comme de gentils naïfs.
Enfin, j’estime que lorsque l’on s’implique dans un débat, surtout sur le ton agressif adopté par mes deux contradicteurs, il faut avoir le courage d’avancer à visage découvert, en laissant apparaître clairement son identité. Or, Vadforces est visiblement un pseudonyme ; Mortreuil est peut-être un nom de famille, mais le prénom est absent.

NB : Je signale au début de ce texte que je réponds aux onze critiques qui me sont faites ; or, neuf sont listées ci-dessus. Cette différence provient du fait que les commentaires de Mortreuil sur la Shoah (n° 4 dans ma réponse) comportent non pas une, mais trois critiques.

Jacques Lecomte

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